Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for décembre 2013

Ibuka France a a adressé un courrier au Président du CSA ce 24 décembre pour protester contre la profanation de la mémoire du génocide des Tutsi par la chaîne Canal+

« Monsieur le Président,

L’association pour la mémoire du génocide des Tutsi du Rwanda, Ibuka France, proteste contre la profanation de cette mémoire par la chaîne Canal+ le vendredi 20 décembre dernier dans son émission phare « Le Débarquement – Le rendez-vous en parenthèses inattendues» , dont le lien est:

Dans un dialogue entre comédiens autour d’un thé à la menthe et d’un repas, on entend dire  « Franchement, même après le génocide, ils sont encore là ces Rwandais … on te dit Génocide, Génocide, moi je trouve qu’il y en a encore un paquet en pleine forme… Fais dodo Colas mon p’tit frèreMaman est en haut coupée en morceau… Papa est en bas, il lui manque un bras… ».

Pire que les mots, nous dénonçons l’ambiance de gouaillerie dans laquelle a baigné l’échange. Peut-on rire autant de la souffrance des autres ? Les tirades des comédiens et le rire du public rappellent étrangement les émissions de la fameuse Radio des Mille Collines (RTLM) à Kigali en 1994 dans lesquelles les appels aux meurtres étaient accompagnés de plaisanteries cyniques. «Il y en a encore un paquet » évoque la formule largement attribuée à la RTLM : « la fosse n’est pas encore pleine ». Quant à la berceuse macabre, elle rappelle par trop la morbidité des caricatures du bimensuel raciste Kangura.

Au nom des victimes, nous demandons :

  • au CSA de publier des excuses publiques pour son manque de vigilance
  • à la Chaîne de condamner les auteurs du scénario
  • aux pouvoirs publics de sortir d’un silence et des ambiguïtés qui sont devenus le lit d’un négationnisme public et vulgaire.

Que l’on nous comprenne bien. Nous ne sommes pas contre la liberté de création. Mais lorsque celle-ci devient le lieu d’outrage à la douleur des femmes et des hommes, il faut le dénoncer. Non, on ne peut pas tout dire. En tout cas, nous estimons qu’on ne peut pas rire de tout.

Et s’il est vrai que l’on peut apprendre en s’amusant et que l’on peut donc enseigner tout en faisant rire, il y a, dans ce cas, besoin d’un avertissement. Dans un pays où même les manuels scolaires font encore la confusion entre victimes et bourreaux du génocide des Tutsi, ce montage de scènes invraisemblables et aussi blessantes les unes que les autres, ne peut que contribuer à brouiller les pistes en faisant souffrir les rescapés encore davantage. Pourquoi cela à la veille de la vingtième commémoration ?

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma considération distinguée. »

Marcel Kabanda

Président d’Ibuka France

REPONSE:

 

belmer profanation du genocide canal plus pas d excuses«Ce sketch ne visait en aucun cas à porter atteinte à la mémoire de victimes du génocide rwandais. Ce sketch visait à caricaturer et dénoncer l’attitude de certains occidentaux ne s’intéressant qu’à eux mêmes, en arrivant dans un pays qui leur est totalement étranger. Le choix d’un pays ayant connu une période de massacres visait à créer un contraste extrême entre la gravité des faits et l’attitude désinvolte des supposés invités d’une émission. Nous regrettons que ce sketch ait pu être interprété autrement.»

Communiqué de Canal + publié ce soir sur le site du Parisien.

Le communiqué hautain et dédaigneux ci-dessus ne comporte aucune excuse. Il ne comporte aucune allusion aux victimes ni aux survivants. La première phrase montre une insensibilité pathologique. Il est clair qu’en chantant comme l’ont fait les comédiens maman est en haut coupée en morceaux avec un air goguenard, ils ne visaient en aucun cas à porter atteinte, etc. Ils prétendent dénoncer l’attitude d’occidentaux qui ne sont autres qu’eux mêmes. Ce sketch est l’une des plus grosses provocations médiatiques montées contre la mémoire du Génocide. Ceux qu’ils dénoncent, ce sont eux-mêmes avant tout. Canal Plus dans son détachement du réel parle du Rwanda comme d’un pays « ayant connu une période de massacre » pour désigner un génocide auquel le nom de hiérarques français est associé. Un génocide d’1 million de personnes en 100 jours conclu par l’exfiltration encadrée et protégée de 150.000 génocidaires avec armes et bagages, vers le Congo. Le sketch visait à créer un contraste extrême…en fait de contraste, les rescapés du Génocide ont tous trouvé que le ton cynique du sketch rappelait étrangement celui de la RTLM la radio du génocide protégée dans un blindé français ou encore les sales allusions du magazine raciste Kangura précurseur du Génocide.

On regrette que Canal+ ait diffusé ce sketch,

On regrette que Canal + ait publié ce communiqué.

Nano & Mitz

P.S. La rhétorique utilisée pour rédiger le communiqué est celle des révisionnistes et des tenants du double-génocide. Tout le monde ne le remarquera pas car la nuance est extrêmement vicieuse. La direction de Canal + ne dit pas Génocide perpétré contre les Tutsi par le Hutu Power, elle écrit Génocide rwandais (comme si pour parler de la Shoah on écrivait génocide allemand). Et la direction de Canal +, conseillée par les meilleurs experts, ne s’arrête pas là, elle dit aussi « à la mémoire DE victimes du Génocide rwandais ». En bon français DE victimes ne signifie pas DES victimes. De victimes signifie que l’on ne parle que d’une partie des victimes, sous-entendu, les Hutu et les Tutsi ont été ensemble victimes du Génocide. On entre là dans la définition du double génocide. Une définition révisionniste, celle de Canal+.

 

Publicités

Read Full Post »

photo (2)

LA CELLULE LOCALE IBUKA DU MONTARGOIS

VOUS SOUHAITE

DE JOYEUSES FETES DE FIN D’ANNEE 2013

ET VOUS PRESENTE SES MEILLEURS VOEUX

POUR 2014.

L’ANNEE 2014 SERA UNE ANNEE PARTICULIERE

AVEC LES 20emes COMMEMORATIONS

DU GENOCIDE DES TUTSI AU RWANDA en 1994

et nous espérons

une Stèle à Paris pour le 7 avril

et à Chalette courant mai.

Read Full Post »

 

photo5

photo4

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

 

Quelques animations:

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

 

photo10

 

photo8

Read Full Post »

 

                                                       COMMUNIQUE DE PRESSE

 

 

Demain, 21 décembre 2013, il y aura cinquante ans que les Tutsi du Rwanda ont fait l’objet d’une  première tentative d’extermination.

Dans la nuit du 20 au 21 décembre 1963, une bande de quelques réfugiés Tutsi tentent un retour forcé depuis le Burundi. Le lendemain, tous les Tutsi influents de Kigali sont arrêtés et conduits à Ruhengeri où ils sont fusillés le même jour. Partout dans le pays, sous la supervision des cadres du parti PARMEHUTU au pouvoir, les tutsi employés dans l’administration, infirmiers, enseignants ou techniciens agricoles, les prêtres et les paysans en vue y compris, sont brutalement arrêtés, jetés en prison où ils sont battus, torturés, privés d’eau et de nourriture. Nombre d’entre eux sont morts sous la torture ou délibérément exécutés. Les délégués du CICR ont répertorié plusieurs fosses communes dans différentes régions du Rwanda.

Dans la région de Gikongoro, la chasse aux Tutsi est plus systématique. Elle commence le jour de Noël. Leurs habitations sont incendiées, leurs biens sont pillés. Les femmes, les hommes et les enfants sont massacrés à coup de machettes, de lances et de massues, ou jetés dans les rivières. Le bilan du carnage a été estimé à environ 8000 morts. Dans un discours du 11 mars 1964, le Président Kayibanda menace la race Tutsi de disparition.

 

Emu, le Vatican a qualifié ces tueries d’effroyable manifestation de la haine raciale. Le philosophe et mathématicien et Prix Nobel, Bertrand Russel les qualifia de « massacre d’hommes le plus horrible et le plus systématique auquel il ait été donné d’assister depuis l’extermination des Juifs par les Nazis en Europe. »

 

La nature raciste du PARMEHUTU ne faisait plus de doute. Le monde était informé mais décidait de ne pas le condamner pendant qu’il imposait le silence aux victimes à l’intérieur du pays. Le défaut de disqualification de cette idéologie et l’impunité dans laquelle ce courant a baigné, sont responsables de sa prospérité et du génocide des Tutsi en 1994.

 

Le Gouvernement français a récemment pris des mesures en vue de juger les auteurs du génocide commis en 1994.

Nous demandons un effort au moins comparable pour lutter contre l’ignorance, la banalisation et le négationnisme.

Read Full Post »

Voici le courrier envoyé par Ibuka France au CNED :     Minisre_Peillon

Monsieur Vincent Peillon Ministre de l’Education Nationale 110, rue de Grenelle 75357 Paris 07 SP
Monsieur le Ministre,
Avec tristesse et indignation que nous venons d’apprendre que la prestigieuse institution du CNED enseigne depuis l’été dernier, partout dans le monde que le génocide perpétré au Rwanda en 1994 a été commis par les Tutsi contre les Hutu. Dans un document diffusé par cette institution le 30 juin 2013 à I’intention des professeurs intitulé « Français. Livret de corrigés », on peut lire sous le titre << Le souvenir peut permettre de déterminer les responsabilités et de rendre justice >:

<< A ce titre, le génocide des Hutu par les Tutsi au Rwanda illustre bien ceci […] Le fait de raviver Ie souvenir en rappelant la violence des exécutions à la machette, le régime de teneur, tout cela concourt à faire en sorte qu’une prise de conscience collective de I’honneur historique se développe >>.
Le document prend ainsi délibérément le contrepied de ce qui a été déclaré comme un fait de notoriété publique par le Tribunal pénal international pour le Rwanda en 2006 : ( un génocide a été perpétré au Rwanda contre le groupe ethnique tutsi ». Cette révision de I’histoire est d’autant plus grave que le manuel est une source d’enseignement pour le monde entier.
Nous sommes souvent confrontés à des courants négationnistes alliant le déni et la thèse du double génocide. Nous étions cependant loin d’imaginer qu’une institution officielle française puisse s’en faire écho à ce point. Un manuel d’enseignement n’est pas un document qui s’élabore de n’importe quelle manière. Destiné à aider les professeurs, il doit s’appuyer sur les travaux à jour. Au regard du nombre d’ouvrages publiés en France sur le génocide des Tutsi, il est stupéfiant que l’Education nationale en soit à enseigner de cruelles erreurs ! Ce manuel qui bafoue la mémoire des victimes est une honte pour nombre de jeunes français qui pendant ces dix dernières années ont publié d’excellentes thèses sur ce sujet. A quelles sources le CNED a donc-t’l puisé ? Cette institution en-t-elle restée à la propagande de la diabolisation des Tutsi qui a précédé et accompagné le génocide ? Quels spécialistes ont été consultés ? Le CNED ne se trompe pas sur un vol à l’étalage. Un génocide n’est pas un détail de I’histoire. Le Manuel du CNED transforme en bourreaux les victimes d’un génocide ! Elles sont outrageusement offensées. Pourriez-
vous vous imaginer un manuel dans lequel il serait écrit que les Juifs auraient été les auteurs de la Shoah ? Est-ce parce qu’il a été commis en Afrique contre des Africains qu’il peut être traité avec autant de désinvolture et de légèreté ? Le sujet est sérieux. Si I’on ne peut lui accorder I’attention qu’il mérite, il vaut mieux se taire. Au nom des rescapés du génocide des Tutsi, au nom de I’humanité qui a été souillée par ce crime, au nom de la communauté des chercheurs français dont je connais la qualité des travaux sur le sujet, nous vous demandons de :

1. retirer de la circulation la totalité de l’édition

2. publier dans un journal de référence un communiqué qui annonce ce retrait

3. mettre en place en France, un programme complet d’enseignement d’histoire des génocides, celui des Tutsi du Rwanda y compris.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, I’assurance de notre considération distinguée, et
recevez nos meilleurs voeux pour les Fêtes de fin d’année qui approchent.
Marcel Kabanda
Président d’lbuaka France.

CG: . Monsieur François Hollande, Président de la République Française . Madame Christiane Taubira, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux . Monsieur Serge BERGAMELL, Directeur Général du CNED, BP 6020b 86980
Futuroscope Chasseneuil Cedex France

Read Full Post »

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

photo (2)

 

Read Full Post »

Source: Alain Gauthier (CPCR)

Du 4 février au 28 mars 2014 se déroulera le premier procès d’assises contre un présumé génocidaire rwandais présent sur le sol français. Malgré la satisfaction de voir enfin, près de vingt ans après le génocide des Tutsi, un des hauts responsables rwandais jugé par la justice française, nous ne cesserons de regretter qu’il ait fallu autant de temps pour que ce premier procès ait lieu. L’ex-capitaine de l’armée rwandaise, Pascal Simbikangwa, connu pour ses activités de tortionnaire bien avant le génocide, qui a participé aux massacres alors que depuis quelques années il se déplaçait en fauteuil roulant, sera enfin jugé. Les juges d’instruction ont suivi dans leur ordonnance le réquisitoire du Parquet et ont décidé des non-lieux partiels à propos de faits que nous aurions bien voulu voir être retenus, en particulier en ce qui concerne les actes de torture, « prescrits », et la présence de Simbikangwa sur la colline de Kesho où plus de 1500 Tutsi ont été exécutés, présence attestée par de nombreux témoins! Toujours est-il que le procès aura lieu et qu’il faudra convaincre un jury populaire dont la plupart des membres ne connaissent peut-être que peu de choses sur le génocide perpétré au Rwanda. Un procès n’est jamais gagné d’avance: c’est la raison pour laquelle nous devrons nous battre pour que Pascal Simbikangwa soit reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés. En déposant plainte contre lui, le CPCR ne s’est pas engagé à la légère. Nous avons de vraies raisons de le poursuivre, beaucoup de témoins et d’historiens le mettent en cause. « Sans haine ni vengeance », nous souhaitons que soit reconnue sa responsabilité individuelle. Si Pascal Simbikangwa est le premier Rwandais à rendre des comptes à la justice, ce n’est pourtant pas la plainte la plus ancienne et on ne peut que dénoncer les lenteurs insupportables de la justice française pendant près de dix-huit ans. Dénoncer aussi le fait que jamais le Parquet ne s’est résolu de lui-même à poursuivre des présumés génocidaires alors qu’il aurait pu, qu’il aurait dû le faire. Sans le travail titanesque des parties civiles, personne n’entendrait plus parler de la présence de présumés génocidaires rwandais sur le sol français et le procès de Simbikangwa n’aurait jamais eu lieu. Reconnaissons cependant le travail et l’implication des juges d’instruction et des enquêteurs depuis la création du « pôle crimes contre l’humanité » au TGI de Paris et souhaitons que ce procès soit le premier d’une longue série. Un procès coûte cher pour les parties civiles. C’est la raison pour laquelle nous lançons à nouveau un appel à tous ceux qui croient que la justice est un passage obligé pour rétablir les victimes dans leur dignité.

Vous pouvez nous aider (... le CPCR...) en faisant un don. Soit en vous rendant sur le site du CPCR et en faisant un virement bancaire, soit en adressant un chèque au CPCR, 61 Avenue Jean Jaurès 51100 Reims. Tout don donne droit à remise d’un reçu fiscal pour déduction d’impôt pour ceux qui paient des impôts en France. Merci à tous ceux qui accepteront de nous aider. Et rendez-vous au TGI de Paris à partir du 4 février pour soutenir les parties civiles dans leur combat pour la justice.

http://www.collectifpartiescivilesrwanda.fr/

Read Full Post »

Older Posts »